Présentation

Angoulême, 21 janvier 2012 : coup de jeune à l’Académie de l’Angoumois

Florent Gaillard, Yvette Renaud et Bertrand Désormeaux viennent d’être intronisés au sein de la société savante charentaise. L’institution veut s’ouvrir à toutes les expressions artistiques.

Pas de costumes empesés, pas de bicorne, de cape ou d’épée pour l’ancienne institutrice et écrivaine Yvette Renaud, le nouveau patron du Musée du Papier Florent Gaillard et l’archiviste cinéma de Trafic Images Bertrand Désormeaux. Les trois nouveaux membres titulaires intronisés par l’Académie de l’Angoumois, la société savante créée en 1964 par le papetier et écrivain Henri Lacombe, qui cherche aujourd’hui à dépoussiérer son image.

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Charente Libre, 31 Janvier 2012.

Elle compte 21 titulaires sur le papier, parmi lesquels l’auteure Sophie Appert, le géographe Gilles Bernard, l’artiste peintre Christiane Massonnet ou le poète Michel David. Et rassemble quelque 140 membres auditeurs, ainsi que des membres honoraires, anciens titulaires qui ne sont plus actifs dans d’association. Ce n’est pas parce que Claude Dagens, l’évêque d’Angoulême, y figure également qu’on est à l’Académie française. « Celle-ci ne doit d’ailleurs pas faire écran à toutes les académies de province qui sont parfois plus anciennes », dit l’historien Jacques Baudet, qui a pris la présidence de l’association il y a deux ans. Pas de rupture, « mais la continuité en s’adaptant aux moyens de communication actuels. Un site internet est d’ailleurs en chantier. « Pas pour rouler des mécaniques, mais pour exister. Ce qui nous réunit, c’est l’envie de transmettre et partager nos travaux. »

Internet ne fera de toute façon pas sortir de leurs tombes le romancier Jacques Chardonne ou la femme de lettres Simone Porché, qui ont compté parmi les premiers membres de l’Académie. Un petit monde où l’on retrouvait aussi les poètes Marie Cressac et Michel Boujut, et même Florent Gaillard, alors en culottes courtes, amené par sa grand-mère chez Denise Bélanger, ancienne professeure de lettres à Marguerite-de-Valois qui tenait les réunions à son domicile, rue du Minage (lire ci-dessus).
On n’en est plus là. Et le cercle littéraire, qui se rassemble cinq ou six fois par an autour de conférences et lectures à la Société archéologique et historique de la Charente, au Musée ou à l’Hôtel Mercure, est en train de s’agrandir à d’autres expressions artistiques - peinture, cinéma, musique...

ça tombe bien, il reste trois autres membres titulaires à élire pour occuper les 21 places existant dans les statuts. « La culture, ce n’est pas que l’écrit, lâche Christiane Massonnet, secrétaire de l’Académie. Personne ne sait trop aujourd’hui qui l’on est, il faut vivre avec son temps, il faut que ça bouge. »

Céline Aucher. Charente Libre, 31 Janvier 2012.